Anita, vous allez mieux la connaître !

Episode 2

Par Carole-Claudine Herard | Publié le 18 juin

Anita Baeyens habite à Chabottonnes depuis 22 ans exactement.

une

Elle et son époux Stephan ont quitté leur maison d’Aalst, à quelques kilomètres d’Affligen en Belgique flamande, peu avant leur retraite pour habiter un chalet bois, face à Saint-Léger-les -Mélèzes et au Cuchon. Depuis leurs premières vacances d’enseignants universitaires, ils ont pris la route d’Europe puis du monde, au début avec une simple tente et une petite voiture. Puis les voyages personnels ou organisés se sont succédés. J’ai vu récemment leur album photos de leur voyage en Syrie en 2008. La ville d’Alep était très belle à l’époque. C’était deux ans avant la révolution syrienne, issue du mouvement du Printemps arabe, au départ manifestations majoritairement pacifiques contre le régime du président Bachar el-Assad.
Pas un jour de vacances à la maison pour ces deux baroudeurs talentueux…La route, toujours, et loin de la Belgique ou de la France…Curieux, cultivés, sportifs, cyclistes, montagnards, ils ont gravi les sommets du Champsaur en leur temps. Professeur de couture et de design, Anita a donné alors dans la vallée des cours de couture dans le cadre de l’ASCR, à Pont du Fossé, pendant plusieurs années. Puis la couleur, les formes, le style l’ont submergée et, à présent, elle peint, elle séjourne à Chabottonnes et voyage avec Stephan…15 juin 2020, date de déconfinement des frontières européennes, ils en profitent ou vont en profiter...

Mais l’objet de cet épisode 2, c’est en fait le martyr des habitants d’Alep. Très frappée par le film « Pour Sama », que j’ai vu récemment sur Canal, je me suis souvenue d’un tableau d’Anita traînant dans un coin plus ou moins abrité de son jardin. Un visage sans les yeux, du rouge, une bouche qui ne se ferme plus… « La Ghouta », ville empoisonnée par les gaz.

J’ai demandé à Anita l’autorisation de prendre des photos d’elle, de ses œuvres qui me bouleversent. Elle accepte, elle pense que les gens de la vallée aiment les fleurs, les vrais visages, la reproduction exacte du réel. Qu’ils ne sont pas intéressés par ses traits, ses visions, ses couleurs décalées.
Moi, c’est l’inverse, j’aime la reproduction du sentiment, du ressenti qui accompagne les personnes ou l’objet peint. Le ressenti du sujet peint mais aussi de l’artiste…Donc cette chose indéfinissable peut être rendue par tout trait, toute couleur, toute surface. Pourtant, sa peinture est soignée, ses compositions travaillées. J’adore et désire faire connaître. Le travail d’Anita mérite une exposition, dans la vallée ... ou à Gap. En tout cas, j’y songe. Si vous êtes aussi touchés par ce travail, faites-le savoir…
Elle a été très inspirée pendant toute la période de confinement. J’ai vu ces oeuvres, magnifiques ...Je dois attendre son bon gré pour en parler et vous les montrer.

Pour éclairer le propos, une photo d’Anita du 14 juin 2020, une photo de leur jardin, ainsi que deux photos d’œuvres sur Alep de 2016 : « La Ghouta », et « Le couple déchiré » par Anita Baeyens, une artiste à part entière au Champsaur.

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