Chez Roger au tribunal

Communiqué de presse

Par Neige | Publié le 3 octobre

Mr Roger Didier et une partie de sa famille, personnes propriétaires de la maison "Chez Roger" situé 3 cours du Vieux Moulin à Gap, nous assignent au tribunal dans dix jours : le 13 octobre à 10h30. Ils demandent une expulsion immédiate sans délai afin de récupérer des bâtiments laissés à l’abandon depuis plusieurs années. La question que tout le monde se pose est : que vont-ils en faire ? Probablement les laisser dépérir comme les années précédentes, aucun projet sur ce terrain n’est en cours...
Y’a t’il donc nécessité à demander une expulsion immédiate et ainsi mettre une cinquantaine de personnes à la rue, en pleine période où les nuits commencent à être rudes et au moment où la deuxième vague du covid s’intensifie ?

Il est regrettable de voir un maire s’acharner à mener une politique d’exclusion et réactionnaire là où l’inclusion et la solidarité pourraient être une force pour la ville de Gap.
A ce petit jeu Mr Roger Didier n’est pas le seul joueur de la partie.
L’occupation de cette maison fait suite à l’expulsion illégale du Césaï, où la préfète Mme Martine Clavel et l’huissier Mr Scarcella ont volontairement transgressé la procédure juridique en toute connaissance de cause. Nous rappelons que ces personnes sont assermentées et sont des représentants de l’État.

Ce nouveau lieu d’hébergement d’urgence permet de mettre à l’abri des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes. Il leur offre un toit, un lieu où dormir, un accès à l’eau, à des sanitaires, à une cuisine. C’est un lieu où la solidarité peut se mettre en place et où de nombreuses associations peuvent intervenir (Réseau Hospitalité, Restos du Coeur, Emmaüs, Médecins du Monde...), mais aussi des particuliers apportant leur aide : dons de nourriture, de vêtements et de mobilier, permanence médicale, aide administrative...

Rappelons encore une fois que "Chez Roger" pallie aux carences d’un État qui ne prend pas entièrement ses responsabilités, et d’une ville qui ne le fait pas non plus. En effet, le maire de Gap a refusé la création de structures d’hébergement, considérant qu’il y en avait déjà assez sur la commune alors que celles-ci ne répondent pas aux besoins actuels .
La réalité et l’urgence de la situation dans laquelle se trouvent les habitant-e-s mettent en évidence une flagrante contradiction entre les paroles du maire de Gap et les fausses bonnes actions de la préfecture.

A quelques jours de l’hiver, il n’est pas tolérable que des personnes se retrouvent à la rue. Nous exigeons que les élus prennent leurs responsabilités. A défaut d’avoir des propositions correctes venant d’eux, nous avons travaillé sur un projet concret pour lequel nous sommes prêts à nous mettre autour d’une table pour en discuter.

Une chose est sûre, expulser ne résoudra pas les problèmes mais ne fera au contraire que les aggraver.

Reste aux décideurs de savoir ce qu’ils veulent : un vrai lieu d’accueil avec un projet carré, ou voir fleurir des bidonvilles aux quatre coins de la ville.

Faites vos jeux !

Les habitant-e-s de chez Roger
Et l’Amicale Roger’Social

Co-signataires : Reseau hospitalité et Tous migrants

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