Des baies noires sur la prairie

Commence à me bassiner sérieux toutes ces histoires sur les .. b(l)ondes (1)

Par Herbé | Publié le 1er juin
Baies noires du sureau

Oui, pour vous abreuver de ma réflexion, je lâche la bonde à l’encre de mon stylo. Cet article fait référence aux articles précédents de Camille

Comme baies noires sur de la crème

Au sortir de l’hiver, orchestrée par la montée de sève, la symphonie verte du printemps est venue les vêtir de fleurs et d’épis ….. une épis-scène. (2)
Maquillant leurs blancs d’hiver, les algues même ont joué le jeu, tapissant les eaux aux couleurs vertes et bleues.
La fauche estivale, accentuée du piétinement assoiffé des bêtes, va leur mettre le cul à l’air. Et la bise d’automne, en ses sautes soudaines, murmurera cet air géorgien des eaux de la claire fontaine, pour mieux mettre toutes nues, ces carcasses devenues inutiles, amenées à se fossiliser dans nos pâtures.

Ces abreuvoirs de fortune, posés comme baies noires sur de la crème, font tâches, selon moi, dans le paysage. Elles ne chantent que la poésie de notre société du jetable né du capitalisme jadis triomphant, recyclé par l’esprit pratique de nos agriculteurs.
Ceux-là, le nez dans le guidon de leurs productions productives, manqueraient-ils d’idées esthétiques ? N’auraient-ils plus le temps de dessiner le paysage (Pays, paysans) ?

Foin de tout ça !

Et si nous inversions la tendance ?
Ne pourrait-on, bénévolement, habiller ces déchets balnéaires aux couleurs de nos montagnes : murets de galets, plessage (3) et tressage d’arbrisseaux, plantations basses pérennes, etc … et, là où c’est possible, remettre en eau courante, pour en finir avec les eaux croupissantes (le bétail apprécierait peut-être) ?

J’en appelle donc à projet les créatrices et créateurs de tout poils pour œuvrer à l’intégration paysagère des baignoires-abreuvoirs.
En accord avec les paysans, tenter de dessiner et bâtir du neuf avec du vieux, pour joindre l’utile à l’agréable.
Une manière créative de construire dans le bocage champsaurin, un prolongement du sentier « Art nature », sis aux Marrons (4).

Une manière de construire l’APRÈS sur les ruines du capitalisme qui a postillonné jusques dans nos estives, ces baignoires-abreuvoirs.

(1) Allusion aux paroles de « Ma blonde » de Renaud
(2) Épicène : se dit des prénoms à l’usage des deux genres : Alex, Camille, Claude, Dominique, etc.
(3) Plessage : cf. Wikipédia
(4) Commune de Saint Michel de Chaillol

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