"Et puis, tout d’un coup, ça explose...!"

Un anthropologue en temps de pandémie moderne

Par Jeanne de la lune | Publié le 4 janvier

L’interview de 26 minutes de Philippe Descola a été réalisée par France Culture le 20 avril 2020, en plein milieu du premier confinement. Encore visible sur le site. Tous les points abordés dans l’interview ont produit chez moi un écho et une envie de travail et je me lance dans une parution.

Je l’ai scindée en petits passages audio, plus faciles à diffuser et plus propices à la réflexion. Je les publierai sur Champs Libres.

Celui-ci, d’une minute 54 est le premier. Ce passage me touche particulièrement parce que Descola a lui aussi, une envie que le monde change, qu’un monde "d’après" surgisse après la pandémie. Mais il n’a pas les clés. "Comment cela peut-il se passer ?" En réponse, il fait seulement une allusion à la révolution Française. "Les frustrations, les désirs de changement se sont longtemps accumulés, laissant des traces" bien repérables.
"Un déclencheur survient alors, même minime, puis tout d’un coup, ça explose ! " "Dans cette brèche, toutes les idées, tous les projets, toutes les utopies qui "marinaient" dans une sorte de gros bocal, peuvent se déployer et aboutir à quelque chose d’autre"
J’aime que cet anthropologue parle du côté imprévisible du démarrage du "boum" salvateur. Il ne le dit pas, mais ne pas oublier non plus qu’il pourrait engendrer morts et pertes...
Après le "boum" imprévisible, il existerait alors une issue possible et constructive pour tous les mouvements actuels, facilement repérables, exprimant une forte volonté de changements économiques, politiques, écologiques, humains, qui, comme il le dit "marinent" et même fermentent en ces temps particuliers.

Jusqu’à présent, je ne parvenais pas à organiser la masse et la diversité de ces nouvelles propositions. Mais en fait, leur organisation n’est pas le problème à résoudre ... Ce sont tout simplement des solutions diverses et variées en réserve pour le futur.
Ces mouvements alimentent, forgent, étayent le futur. Sans eux, sans leurs idées, sans leurs réflexions, sans leurs projets, nul avenir différent ne sera disponible, donc possible en temps voulu ! Ce n’est pas dans l’urgence du "boum" que s’élaboreront les solutions. Elles devront déjà avoir été pensées, essayées, validées dans des endroits quelconques de la planète.
Il parle dans l’interview, d’une de ces réalisations récentes en France.

A suivre dans un prochain article.

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