Le Nudge

La méthode douce pour inspirer la bonne décision

Par Herbé | Publié le 30 avril

Lors de ma lecture en diagonale de « Psychologie de la connerie » (un pavé de près de 400 pages, écrit petit !), je découvre un encart « le nudge » illustré par un pouce levé endimanché, car il a une manchette .
De qu’es aco ? Oui, de quoi s’agit-il ?
Ma curiosité a fait le reste. Je partage.

Tel un Tarzan inter-nautique me voilà me déplaçant d’hyper-lianes en hyperliens dans la jungle de la connaissance universelle ; allant de découvertes en découvertes …. plus ou moins difficiles à intégrer à ma propre connaissance.

Ainsi, pendant que nous, les babyboomers, humbles citoyens nous nous évertuions, dans les années 70 – 80, à faire vivre le pacte social, des universitaires de tous bords, sûrement grassement rémunérés par des structures privées, cherchaient comment « nous mener par le bout du nez ».
Une quête qui va bien au delà de ces arômes artificiels diffusés pendant la cuisson des viennoiseries pour aiguiser nos appétits et induire immédiatement nos achats !

Alliant psychologie et économie comportementale, ces doctes savants se sont penchés sur l’architecture de nos choix … en vue de défendre l’idée d’un paternalisme libertarien. Mais si, cher lectorat, tu sais bien, cette conception des rapports sociaux réfléchie et théorisée au XIX ème siècle : les relations patrons - ouvriers y sont régies selon les règles de la vie familiale. Attitude qui limite la liberté des individus dans l’intention affichée d’agir pour leur bien …. tout comme le pater familias maintient un rapport de dépendance avec sa famille.
Au cours des vingt dernières années du XX ème siècle, nos érudits des facultés y ont accolé le terme de libertarien ! Encore plus sournois dans l’art du « ni vu, ni connu, j’t’embrouille ».

En effet, cette approche prône d’aménager l’environnement pour nous inciter, oui nous pôvres couillons, à adopter spontanément un comportement désirable et fortement désiré par l’économie capitaliste ambiante …. tout en nous laissant la liberté de refuser.
Par exemple, à l’embauche tous les salariés sont invités à souscrire d’office un plan d’épargne retraite qu’ils peuvent résilier à tout moment, mais la grande majorité des signataires ne le fait pas. Tout bénef !
Ou bien encore, on repeint un escalier en noir et blanc, selon les techniques de l’optique, montée de marches où l’on peut choisir de traîner les pieds, mais dans les faits on accélère. Hé, hé, le temps c’est de l’argent, disait l’autre.
Je suis sûr que vous qui me lisez, en avez des centaines en réserves de ces exemples.

Richard Thaler, de l’université de Chicago (tiens, tiens serait-ce un des Chicago Boys, chers à Milton Friedman ?), donc cet universitaire américain disais-je, a été nobelisé pour avoir inventé ce coup de pouce comportemental plus connu sous le nom de nudge (1), symbolisé donc par ce pouce levé (Bizarre, moi, j’ai dis bizarre ? Whaouhhhh, I like !).

« Bon sang, mais c’est bien sûr » me susurrais-je dans les cinq dernières minutesde cet écrit. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
Pour gérer la libération du COVID 19 et assurer, pour l’après, le management du troupeau ovin de notre territoire, ne pourrions nous pas, à notre tour, user de cet outil de persuasion implicite ? Histoire de conduire nos moutons, accrochés qu’ils sont à l’économie libérale et prompts à reproduire l’Avant, vers les pâturages de la transition écologique et de la décroissance.

Mais, faut vous dire, Monsieur que chez ces gens là, on n’manipule pas Monsieur, on n’manupile pas : on convainc, on persuade, on éduc. Pop.

Mais, n’est-il pas trop tard Monsieur ?
Il n’est pas question que je reste confiné chez môôôôaaaaaaa !

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