Les jardins de Hautes Terres

Entretien avec Anne Robichon, jardinière des sens

Par Herbé | Publié le 28 avril

L’annonce promotionnelle pour la vente de plants de prunus tomentosa (ragouminier) a accroché ma curiosité, vite satisfaite par la Toile.
Je prends donc contact avec l’expéditrice de ce courriel : Anne Robichon. Tiens, c’est pas un nom de la vallée, donc comme moi, une pièce rapportée.
Le reporter en herbe tente une demande pour un entretien téléphonique, Covid19 oblige. Elle a accepté « un soir après ma journée ». Ainsi, il y a quelques jours, nous avons fait connaissance en toute simplicité.

Anne est arrivée dans le Champsaur en 1990. Dans ses bagages, des diplômes agricoles et une formation à l’AFRAT ainsi que l’idée de poursuivre ici, un projet commencé ailleurs : vivre de la vente de fruits, fleurs et baies sauvages transformés en confiture et sirops.
Elle installe donc son atelier, son potager et sa roseraie sur la commune de Chaillol. Situés à 1450 m d’altitude, « les jardins des hautes terres », exposés à l’adret, bénéficient d’un climat ensoleillé et d’une vue panoramique sur le Champsaur.

En 2010, avec l’entrée en scène de son conjoint, l’activité maraîchère s’agrandit portant la surface utilisée à un peu plus de 7000 m2 aujourd’hui.
Cet espace cultivé accueille désormais environ un millier d’espèces et de variétés de plantes différentes, adaptées à l’altitude. Tout ce petit monde floral et fruitier est conduit dans le respect de la biodiversité, sans engrais ni traitements chimiques. C’est bio, sans que le label ait été demandé. C’est une démarche basée sur la confiance entre consomm’acteurs et producteurs.

Anne réalise donc des confitures de montagne (myrtille, framboise), des confitures de baies sauvages (épine-vinette, argousier, cynorhodon) ainsi que des confitures et sirops réalisés avec des pétales de roses de variétés anciennes récoltées en ses jardins des hautes terres.
La boutique propose également à la vente rosiers anciens à parfums, plants de vivaces de montagne, plants de légumes et d’aromates. Cultivées ou sauvages, plantes aux multiples usages, elles se mêlent dans une palette changeante de parfums et de couleurs et font partie du quotidien du lieu et de ses habitants.

C’est en été qu’Anne propose des visites éducatives de son jardin montagnard, afin de partager ses connaissances : visite de la roseraie de variétés anciennes, visite famille – enfants et divers ateliers à thème propres aux jardins des hautes terres : distillation de roses et autres en partenariat avec ECHOFLORE et démonstration de traction animale avec SOL’TERRIS

A la fin de notre entretien, Anne confesse que la pandémie de coronavirus et le confinement ont mis en suspens plusieurs projets en cours "qui nous tenaient a cœur"

Merci Anne. J’ai hâte de sentir, sur mon balcon, les fleurs de ce cerisier de Nankin répandre leur senteur.
Un bien bel échange parfumé aux accents de sincérité et d’authenticité.

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