Malaise dans les Biocoop, les salariés en grève.

Piquet de grève de deux Biocoop parisiennes, le 1er août 2020.

Par Herbé | Publié le 30 juillet

{{}} De quoi, là aussi on exploite les travailleurs.
Y a-t-il eu des précédents ?
Oui.
« La moitié des 60 salariés des quatre magasins Biocoop de la Mayenne étaient en grève Ils dénoncent la dégradation des conditions de travail (novembre 2017). Fin de la grève chez Biocoop à Noves (Septembre 2019) »

Mais au fait, c ’est quoi une Biocoop ?

« A la fin des années 70, des consommateurs et des producteurs, animés par une même volonté de soutenir une agriculture biologique pour développer une consommation bio de qualité, se réunissent en coopératives de consommateurs de différentes formes juridiques.
Dans un contexte agricole biologique désorganisé et face à une multiplicité de cahiers des charges bio aux exigences disparates (Quatorze en tout à l’aube des années 90), les coops décident alors de se structurer en deux groupements régionaux Intercoop (1983 – Ouest) et Biopaïs (1984 – Sud Est) avec pour objectif de créer un nouveau projet qui bénéficie à chacun, producteurs et consommateurs.
Toujours dans ce souci de structuration, les coops organisent leur première rencontre nationale en 1986. C’est à cette occasion que sera établie une charte fondatrice de l’association loi 1901 : BIOCOOP est créée. (source site Biocoop) »

Dans le même temps, les agriculteurs se structurent, cherchent la reconnaissance institutionnelle et font le ménage entre les différentes mentions.
Ils l’obtiennent implicitement en juillet 1980. En effet, la loi d’orientation agricole du 4 juillet 1980 reconnaît la bio sans la citer nommément : Art 14 III « Les cahiers des charges définissant les conditions de production de l’agriculture n’utilisant pas de produits chimiques de synthèse peuvent être homologués par arrêté du Ministère de l’Agriculture ».
Les cahiers des charges « AB » et « Déméter » sont reconnus par le ministère de l’agriculture, comme les deux seules marques possibles (début des années 90).

Toujours sur son site, Biocoop se déclare être une société anonyme coopérative.
Mes recherches sur les sites gouvernementaux m’informent que cet hybride n’existe pas !!!! C’est soit coopérative, soit SA.
Ce serait donc une SA fonctionnant à partir de sociétaires réunis en AG chaque fois que nécessaire, toujours d’après leur site.

L’enseigne « Biocoop » serait- elle trompeuse ?

Ce manque de lisibilité me chatouille quelque peu au coin du bulbe et interroge mon côté militant écologiste. L’enseigne « Biocoop » serait- elle trompeuse, avec sa référence à ses ancêtres de coops bio ?
En allant faire mes courses aux Biocoop de Pont du Fossé ou de Gap, je croyais faire acte militant, malgré quelques détails qui m’asticotent comme l’excès de plastique (produits laitiers) ou sur- emballage, et je m’aperçois, naïf que je suis, que je fais fonctionner un supermarché libéral pour gogos !!!
Vérification faite quant à leur fonctionnement, les Biocoop fonctionnent comme n’importe laquelle des enseignes de commerce d’alimentation de l’économie dominante. Par exemple, entre juillet et décembre 2017, l’agence Burson-Marsteller i&e a mené des activités de lobbying pour le compte de Biocoop, tel que cela apparaît au répertoire des représentants d’intérêts de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.
Et les cadres suivent également cette démarche !
Complicité consciente ou pas, je comprends mieux le vote « Jadot » qui n’a pas réfuté le capitalisme.
Une fois encore, on peut mesurer la force du capitalisme dans sa capacité à récupérer des actions militantes et les détourner de ses objectifs initiaux. Bref, on peut s’interroger sur l’Après ! Il serait peut-être bon de retrouver le radicalisme des années soixante et retrouver des voies et des voix qui appellent à sortir de cette société de consommation.

En attendant, soutenons le personnel parisien des Biocoop dans leur journée de grève

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