Résignation raisonnée

Merci à Monsieur Marc Zecconi, intervenu sur « Info Champsaur ».

Par Carole-Claudine Herard | Publié le 9 novembre

A 15 ans, en classe de troisième, j’ai été appelée au bureau de la Directrice de mon Cours Complémentaire. « Une de vos jeunes sœurs a la scarlatine. Vous devez être évincée de votre classe pendant 15 jours ». Détresse de devoir quitter ce lieu, où je récoltais tous mes plaisirs et mes bonheurs. Je m’en souviens encore 60 ans plus tard.

En 1962, au sein d’une famille nombreuse, avec un père ouvrier, on n’avait pas la télé, on n’allait pas voir des copains, on ne sortait ni au cinéma, ni au restaurant, ni faire du shopping, on ne voyageait pas. Mon grand plaisir était l’étude, la lecture, la garde de mes frère et sœurs.

En 2020, qu’est-ce que le port du masque obligatoire, par toute une génération, petits et grands, en vue de protéger son entourage ?
Un désagrément, qui ne nous empêche pas de percevoir chez les autres le sourire des yeux, de voir le monde, de l’entendre, d’y réagir. Nous pouvons tous lire, regarder la bonne télévision, engranger des podcasts choisis, écouter et faire de la musique, si cela nous chante, surfer, et bien d’autres choses encore. Les enfants pourront continuer d’aller à l’école.

Le confinement de 2020 prive les familles jeunes de tous les plaisirs de convivialité qu’ils ont connus avant la pandémie. D’où leur frustration, leur désarroi actuels.

Mais il faut bien avoir conscience que cette obligation d’accepter un désagrément pour la santé du plus grand nombre entraîne une sensation d’ attaque personnelle contre ses libertés consuméristes, en action jusque dans un passé récent. Nous souffrons un peu, beaucoup, pour le meilleur de tous ...

Je passe sous silence la vie actuelle dans les grandes villes, leurs moyens de transport bondés, leurs conditions sécuritaires amoindries...Notre Vallée a ses avantages.
Informons-nous auprès des personnes directement touchées par la Covid et son traitement, protégeons nous par des gestes protecteurs, même s’ils deviennent parfois insupportables.
Parlons-en avec nos enfants, sans doute plus accessibles à ce raisonnement que nous le supposons. D’ailleurs, c’est bien établi, les enfants se développent de leur côté, dans les cadres proposés, certes, mais leur esprit, leur vie réelle et constructive de leur personne en font souvent abstraction.
Verbaliser, expliquer et rassurer si nécessaire, être proches d’eux sans leur communiquer nos anxiétés, reste cependant essentiel.

Carole

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